Base 100 : pourquoi on peut se tromper en lisant un graphique
La base 100 met tout le monde sur la même ligne de départ pour comparer les trajectoires. Pratique — mais elle efface les niveaux, et un même jeu de données peut raconter deux histoires opposées selon l'endroit où l'on commence.
À quoi sert la base 100
On ramène toutes les séries à une valeur commune — 100 — au même instant de départ, puis on suit leur évolution en pourcentage. Le niveau absolu disparaît ; seule compte la trajectoire relative depuis ce point.
C'est utile : deux actifs de prix très différents deviennent comparables d'un coup d'œil, et l'on voit qui a le mieux progressé sur la période. Mais ce confort a un revers.
L'illusion du rebond
Une série qui chute de moitié puis remonte de 50 % affiche, en base 100, une belle pente ascendante — alors qu'elle est toujours bien en dessous de son point d'origine. La base 100 montre le mouvement récent, pas la position réelle. Un rebond y ressemble à une performance ; ce n'en est pas une tant que le terrain perdu n'est pas repris.
Le point de départ décide de l'histoire
Déplacez la date de début de quelques mois, et le classement s'inverse : celui qui « gagne » depuis 2020 peut « perdre » depuis 2018. La base 100 n'a pas d'origine naturelle — c'est vous qui la choisissez, et ce choix oriente la conclusion. Un graphique honnête assume sa date de départ ; un graphique qui veut convaincre la choisit.
Deux lectures, pas une
La trajectoire (base 100) répond à « comment ça a évolué ». Le niveau réel répond à « où en est-on vraiment ». Les deux se complètent : la première sans la seconde donne une impression de mouvement sans point d'ancrage. On lit les deux, ou on se fait raconter des histoires.
À retenir
- La base 100 compare des trajectoires en effaçant les niveaux de départ.
- Un rebond en base 100 n'est pas une performance tant que le terrain perdu n'est pas repris.
- Le point de départ choisi oriente le classement — voire l'inverse.
- On croise toujours la trajectoire (base 100) et le niveau réel.
Pour aller plus loin
- Volatilité n'est pas risque — l'autre piège de la courbe.
- Moyenne mobile : elle lisse le bruit, mais aussi le risque — quand lisser trompe.
- Comparer une devise en USD ou en or — le référentiel change tout.
Voir les régimes par pays
Principe de normalisation base 100 pour comparer des séries. Lecture pédagogique Cap Nord — descriptif, pas un conseil en investissement.