2 % d'inflation par an : un tiers du pouvoir d'achat en 20 ans
On présente 2 % d'inflation comme un niveau « faible » et « stable ». Composé année après année, ce petit chiffre efface pourtant un tiers du pouvoir d'achat en vingt ans. La lenteur n'est pas l'inoffensivité.
Le calcul, sans détour
Le pouvoir d'achat d'une somme fixe fond chaque année d'un peu, mais sur une base déjà réduite l'année précédente. C'est un intérêt composé, à l'envers.
| Année | Pouvoir d'achat de 100 € |
|---|---|
| 0 | 100 |
| 5 | 90,6 |
| 10 | 82,0 |
| 15 | 74,3 |
| 20 | 67,3 |
Autrement dit : 100 € d'aujourd'hui achètent, dans vingt ans, ce que 67 € achètent aujourd'hui — à 2 % d'inflation constante.
Pourquoi 2 % trompe l'œil
L'effet annuel est discret : −2 %, on ne le sent pas. Mais il s'applique chaque année à un montant déjà rogné, et l'écart se creuse avec le temps. Le même mécanisme, à d'autres niveaux : à 1 % d'inflation, la perte sur 20 ans tombe à ~18 % ; à 4 %, elle grimpe à ~55 %. Un point d'inflation en plus ou en moins, anodin sur un an, devient majeur sur deux décennies.
Ce qu'il faut en retenir pour épargner
Un capital qui ne rapporte rien ne « stagne » pas : il recule, en silence, du montant de l'inflation. C'est pourquoi Cap Nord raisonne toujours en réel — une fois l'inflation retirée — et non en euros courants. Un gros chiffre nominal peut cacher une perte de pouvoir d'achat bien réelle.
À retenir
- À 2 % constant, 100 € perdent environ un tiers de leur pouvoir d'achat en 20 ans (de 100 à 67).
- L'inflation agit comme un intérêt composé négatif : discrète par an, majeure sur la durée.
- Un point d'inflation change beaucoup à long terme (1 % : −18 %, 4 % : −55 % sur 20 ans).
- On raisonne en réel, jamais en nominal : le chiffre courant flatte, le réel dit la vérité.
Pour aller plus loin
- Intérêts composés — le même mécanisme, dans le bon sens.
- Retraite par capitalisation — pourquoi l'inflation change le calcul.
- Objectif d'inflation 2 % — d'où vient cette cible.
Calcul déterministe sous hypothèse d'inflation constante (rare en pratique) ; ne tient compte ni de la hausse des revenus ni du rendement des placements. Descriptif et pédagogique — pas un conseil en investissement.