Pourquoi 4 % de retrait peut détruire un portefeuille
Retirer 4 % par an semble prudent. Pourtant, selon le contexte, ce niveau peut suffire à épuiser un capital. Ce qui décide, ce n'est pas le taux seul — c'est l'ordre dans lequel arrivent les bonnes et les mauvaises années.
Une règle plus fragile qu'elle n'en a l'air
La règle est connue : on retire 4 % du capital chaque année, et le portefeuille est censé tenir. Elle suppose un marché à peu près régulier. Le marché, lui, ne l'est pas — et c'est là que la règle se fissure.
Le vrai coupable : la séquence
L'effet de l'ordre des rendements sur un portefeuille dont on retire de l'argent. À rendement moyen identique, subir les mauvaises années au début ou à la fin ne donne pas du tout le même résultat.
Deux retraités avec la même performance moyenne sur trente ans peuvent finir l'un à l'aise, l'autre ruiné — pour la seule raison que l'un a essuyé sa crise tôt et l'autre tard. Une baisse en début de retrait frappe deux fois : le marché chute et l'on prélève dessus, si bien que le capital entamé n'a plus de quoi rebondir quand le marché repart. L'effet composé, cassé au mauvais moment, ne se recolle pas.
Moins retirer change beaucoup
Le taux de retrait joue, et pas de façon proportionnelle : descendre de 4 à 3 puis 2 % n'améliore pas la robustesse d'un cran à chaque fois, mais bien plus. Un capital sur lequel on prélève moins encaisse les mauvaises passes sans se vider — il laisse le temps au marché de faire son travail.
À retenir
- Le risque de séquence — l'ordre des rendements — est le facteur central en phase de retrait.
- 4 % n'est pas une garantie universelle : une crise en début de retraite peut compromettre le capital.
- Une baisse plus un prélèvement se cumulent, et le capital entamé ne rebondit plus.
- Retirer moins renforce la robustesse de façon non linéaire.
Pour aller plus loin
- Retraite par capitalisation — du capital au revenu.
- Volatilité n'est pas risque — pourquoi la perte permanente compte le plus.
- Quel est l'impact de 2 % d'inflation sur 20 ans ? — l'autre érosion du capital.
Simuler la croissance d'un capital
Analyse issue de simulations déterministes de flux et de capitalisation ; les résultats dépendent des hypothèses de rendement et de leur ordre. Descriptif — pas un conseil en investissement.